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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 11:26

Intrigue policière : la femme mystérieuse

Episode I : un corps dans la chambre

Chez la famille Sedrati, tout semblait calme : le mari, étendu sur le canapé, suivait de près les dernières infos à la télé ; l’épouse, dans sa chambre, était entrain de se faire une beauté et de mettre ses habits de soirée ; quant à la femme de ménage, elle donnait à manger à la petite Nisrine, âgée de 5 ans. Une bonne demi-heure s’était écoulée paisiblement, quand monsieur Sedrati tâta sa montre ; puis, il cria à la cantonade : _ « Siham, dépêche-toi ! On va arriver en retard à la cérémonie Aucune réponse ne lui parvint de la chambre du premier étage. Certes, Siham faisait toujours la sourde oreille, mais finit toujours par se manifester .Dix minutes passées, et toujours rien ! Monsieur Sedrati interpela la bonne : _ « Hayat, s’il te plaît, monte dans la chambre de madame et dis-lui de se presser un peu ! Celle-ci de répondre : _ « Tout de suite, monsieur, le temps de mettre Nisrine au lit. Monsieur Sedrati se dirigea vers la chambre de sa fille. Celle-ci dormait à point fermée. Il s’approcha d’elle et lui donna une bise paternelle sur le front. Aussitôt, il quitta les lieux à pas de loup. Soudain, un cri strident lui parvint jusqu’à ses oreilles. Sans perdre de temps, il enjamba les escaliers jusqu’au premier étage. Sur le seuil de la porte, la femme de chambre était étendue sur le sol ; quant à la porte de la chambre, elle était grande ouverte. Monsieur Sedrati y jeta un coup d’œil : la pièce semblait vide .Il fit quelques pas quand il trébucha sur un corps. Aussitôt, il réalisa que c’était celui de sa femme. Cette dernière gisait sur le tapis .Elle avait une écharpe nouée autour du cou ; sa bouche grande ouverte et ses yeux avaient une expression de terreur. Monsieur Sedrati constata que son épouse était torse nu et elle n’avait pas encore mis ses habits de sortie. Il alla directement à la commode qu’il ouvrit furtivement. L’intérieur du tiroir était intact : les bijoux de madame étaient toujours là .Même chose pour l’armoire : le petit coffret qui contenait ses économies était toujours à sa place. Soudain, un vent glacial lui effleura le visage .Il se retourna et aperçut les deux volets de la fenêtre qui se balançaient. Aussitôt, il accourut vers le balcon .Le rideau semblait cacher une ombre : _ « Qui êtes-vous ? Hurla-t-il Puis : _ « Sortez de votre cachette ! » L’ombre se faufila et disparut sur le champ. Quand monsieur Sedrati atteignit le balcon, il ne trouva personne. Soudain, un bruit de chute parvint à ses oreilles suivi d’un cri de douleur. « Pas de doute, le fugitif s’est blessé quelque part » se dit monsieur Sedrati Aussitôt, il retourna vers le seuil de la porte .La femme de ménage venait de se relever .Apercevant son employeur, elle dit : _ « Oh, monsieur, vous avez vu : madame est morte. Monsieur Sedrati approuva par un hochement de tête .Puis : _ Je vais téléphoner à la police.

A suivre

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Published by Houmidi59 - dans Sére policière
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 04:01


la nuit des vœux







Je me souviens aussi que durant cette nuit sacrée de Ramadan, on montait sur la terrasse pour scruter le ciel de fond en comble et ça durant des heures .On avait su par les Grands que durant cette nuit le ciel s’ouvrait en faisant apparaître le paradis céleste ; toute personne se trouvant dans cette situation, ses vœux seront exaucés.
Je me souviens que chacun de nous avait ses propres souhaits. Aussi, tout en contemplant les étoiles chacun de nous avoua ses désirs :
_ Moi, commença notre chef, si le ciel s’ouvre sous mes yeux, je lui demanderai de me donner un camion citerne bourré d’or et de diamant, un grand palais et une voiture aussi longue que le train
_ Quant à moi dit un autre, je ne demanderai qu’une seule chose : avoir des ailes pour m’envoler vers une autre planète
_ Pas de chance, ai-je répliqué, Abbas Ben Farnas t’a devancé
_ Comment cela ?
_ Il a fabriqué des ailes pour s’envoler ; malheureusement, il s’est fait briser tous ses os
_ Le pauvre, il voulait imiter les oiseaux
_ Pas du tout, lui expliquai-je, je crois que c’est grâce à lui que l’avion a été inventé
Enfin, l’idée vient de lui
_ Les amis, on s’éloigne un peu du sujet .Moi ce que je demanderai au ciel : la plus belle fille du monde pour l’épouser
_ Mais, tu es encore petit pour penser au mariage
_ Justement, je voudrais une belle fille qui ressemble aux fée ; elle m’accompagnera là ou je vais .Quand j’aurai mes dix huit ans, je l’épouserai
Le chef me montra du doigt, soudain :
_ Et toi Abdelhamid, le penseur du groupe que demanderas-tu au ciel ?
Tout en y pensant, je réalisai que je n’avais pas encore formulé mes vœux.
_ Alors ? Intervinrent les autres
_ D’accord ….Pour être franc avec vous : je voudrais devenir instituteur
On ria beaucoup avant de me répondre :
_ Tu sais me dit notre chef, pour devenir instituteur, il faut terminer ses études .Dans ton cas, le ciel ne pourra rien faire pour toi
_ Ah oui, explosai-je, toi aussi tu te fourres le doigt dans l’œil. Le ciel ne fera jamais pleuvoir de l’argent et des diamants
_ C’est ce que nous allons voir, conclut le chef
A la maison, je fis part de mes derniers soucis à ma mère .Cette dernière qui était un peu cultivée, puisqu’elle avait fréquenté l’école deux ou trois années m’expliqua que ce n’était qu’une légende pour inciter les gens à faire beaucoup de prières durant le mois de Ramadan.


Houmidi : 27 Aout 2011/26 Ramadan 1432




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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 03:59

 



la nuit du Destin





Ce que je me rappelle le plus encore : la nuit du Destin.
Cette nuit là, il y avait un gigantesque mouvement dans les maisons, dans les rues, dans les mosquées …enfin partout
Quand j’étais enfant la première chose que je faisais, comme tous les garçons de mon âge, roder autour des mosquées. On était quatre ou cinq à guetter l’arrivée des plats de couscous
_ Hé, mes amis, voilà le premier plat qui s’amène.Suivons-le de près
_ Non, répliqua le plus grand de nous .Ne faites rien pour le moment .Vous risquez bien d’être chassé comme des chiens
_ Et alors, lui lançai-je du tac ou tac, on reste comme ça sans rien faire
_ Pas du tout, reprit le Chef. Bientôt les grands vont entrer pour faire la prière et nous aurons le loisir de réceptionner un des plats et nous mangerons à notre faim.
C’était loin de plaire à tout le monde .Certains d’entre nous émirent des réserves .J’étais l’un d’eux :
_ Mais, on pourra bien nous prendre comme des voleurs
_ Oui, il a raison, intervint un autre, nous ne sommes pas des chapardeurs
_ Vous savez ce qu’on va faire : entrons dans la mosquée et faisons quelques rakaats .Comme ça, on nous prendra en considérations et vous verrez nous serons parmi les premiers servis
C’était l’idée du plus petit du groupe.
Enfin de compte, c’était ce que nous avions fait.
Durant nos prières, une multitude de plats variés de couscous passaient derrière nous pour être enfermé dans une pièce tout au fond .Mais, celle –ci était bien gardée.
A un moment donné, l’un des notre avait disparu .Mes trois amis et moi échangeâmes de nos regards maintes questions au sujet du disparu. Aussitôt, le cadet de nous tous se rua vers la sortie et s’éclipsa à son tour .Bientôt, un par un, nous finîmes par quitter la mosquée .Dehors, notre chef nous attendait.
_ Figurez-vous que je viens de trouver notre recherché
Et d’ajouter :
_ Il dévorait tout un poulet
C’était incroyable, mais hélas vrai
Soudain, notre ami se dirigea vers nous tout en s’essuyant furtivement sa bouche et d’un ton innocent nous dit :
_ Excusez-moi les gars de vous avoir faussé compagnie pendant quelques minutes
_ Ou étais-tu part ? Répliquai-je
_Mais chez moi
_ Ah bon, intervint le chef .Je t’ai vu entrain de dévorer un poulet
Notre ami blêmit et devint aussi pâle qu’une pièce de monnaie dans la main d’un avare .Il finit par balbutier :
_ C’est vrai...Mais, c’était juste un petit morceau de volaille
Le chef l’agrippa par l’épaule et le secoua énergiquement :
_ Je t’ai vu, un gros poulet à la main .Surtout ne nie pas et dis la vérité
_ Note, ajoutai-je, que cette nuit est la nuit du Destin et tous les mauvais esprits descendent sur terre ; tu risques bien d’être dominé par l’un d’eux
_ Ah oui, s’exclama le chef, parce que ces démons n’attaquent que les méchants comme toi
_ Mais, je n’ai rien fait, se défendit le voleur de poulet
_ Alors, dis la vérité et tu n’auras rien à craindre
Après une brève hésitation, notre ami finit par avouer son mea culpa :
_ Oui, reconnut-il, j’ai bien dérobé un poulet d’une assiette .Je l’ai mangé dans un coin
_ Sale goinfre lui dit le chef ; tu n’as même pas pensé le partager avec nous
Aussitôt, il partit d’un rire qui ressemble de loin au bruit des moteurs d’une locomotive des années 70
_ Vous ne l’aurez pas mangé tellement il était si fade !
C’était à notre tour de se marrer (comme des bossus)
J’étais le premier à me moquer de lui :
_Mais, toi quand même, ça ne t’a pas empêché de le digérer
_ Tu n’es qu’un vilain glouton, lança l’un de mes amis
_ Plutôt un rapace, poursuivit un autre
_ Non mes amis, objecta le chef, notre ami ne mange pas à sa faim chez lui.
Puis le regardant droit dans les yeux :
_N’est-ce pas, Bounour ?
Ce dernier baissa la tête .J’eus l’impression qu’il allait pleurer .Cependant, il sortit de sa poche un chiffon qui ressemblait de loin à un mouchoir ; puis il se mit à se moucher .Après quoi , il le plia et le remit dans l’autre poche. Il nous toisa de son regard et dit :
_ Je n’ai pas de compte à vous rendre
Et il s’enfuit en courant
Depuis ce jour, un autre surnom a été ajouté à la liste des autres noms de notre ami. Aussi, on l’appela : le poulet fade
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 03:55



La nuit de l’ogre






Quand j’étais enfant, ma grand-mère nous racontait des histoires fabuleuses sur la fille aux cheveux longs qui se nommait Lounja .Mes frères, mes sœurs et moi, nous l’écoutions avec passion et un grand intérêt .Cependant, quand elle évoquait l’ogre et l’ogresse, mes sœurs filaient vite se coucher ; tandis que moi je lui disais : dis-moi grand-mère, à quoi ressemble un ogre ?
Elle me répondait très calmement avec des mots qu’elle choisissait minutieusement :
_ « L’ogre est quelqu’un de gigantesque ; il a des yeux aussi grands que des œufs de poules ; il est très noir ; il a aussi des cornes…..
_ Comme ceux du mouton, grand-mère ?
_ Non, il a des cornes en spirales pointus et aigus
_ Oh, lâcha soudain mon frère cadet, cet ogre me fait réellement peur
Grand-mère le rassura tout en caressant ses cheveux ébouriffés : Sois sans crainte : de nos jours, les ogres n’existent plus !
_ Alors, répliquai-je, ou sont-ils partis
_ Nulle part ! On raconte qu’un tremblement de terre les a tous enterrés dans les profondeurs de la terre
_ Donc, ajouta mon frère, un jour, ils sortiront
_ Ah oui risquai –je de faire remarquer, mais seulement après un autre tremblement de terre
Grand-mère secoua énergiquement sa tête :
_ Pas du tout mes enfants. Ils sont tous morts
_ Pourquoi ? Avons-nous crié en chœur
_ Mais, Allah a voulu ainsi
Bien entendu, notre grand-mère ne se lassait jamais pour répondre à nos questions.
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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 16:20




Dites-moi mes ami(e)s : quelle est la différence entre un billet de banque et un mendiant ? Aucune .Tous les deux peuvent être faux .Cependant, c'est plus facile de détecter un dollar truqué que de repérer un faux mendiant. En effet, nos quartiers, nos rues et la majorité des lieux publics pullulent de ces gens qui ne cessent de demander l'aumône. Il y en a même ceux qui ont le toupet de frapper à nos portes. Combien de fois, j'étais entrain de faire la sieste, de regarder la télé ou lire un journal; quand la sonnette stridente de chez moi se mit à vriller mon intimité. Moi qui espérais une visite familiale ou amicale, j'accourrai vers la porte et je constatai avec une grande déception une main tendue qui me demandait : est-ce que vous avez quelque chose à manger et à boire ? Notez que la plupart de ces faux visiteurs sont bien habillés et leur allure n'a rien à voir avec les personnes qui souffrent de la misère.
Cette histoire m'a été racontée par un passager lors d'un de mes voyages en car .C'est un habitant de la région de Nador.




Mon père est quelqu'un de très riche.Il possède des boutiques et il m'a confié, tout comme à chacun de mes frères , de gérer l'une d'elles. Allah soit loué : les affaires marchent bien. Comme le commerce est prospère , les commerçants et moi ne manquons pas de donner l'aumône à tous les mendiants de passage .Pour vous donner une idée, nous en recevons pas moins d'une centaine par jour. La plupart ne passent qu'une seule fois ; puis , ils disparaissent sans jamais revenir.
Un jour, un homme assez grand d'âge s'est approché de ma boutique .En le dévisageant, j'ai réalisé que c'était un étranger et qui n'habitait sûrement pas les alentours .Ses vêtements étaient pleins de poussière; ce qui prouve qu'il avait parcouru une grande distance. Il avait l'air affamé et fatigué. Cependant, il n'a rien dit .En me saluant, il a baissé son regard .Moi bonne âme, je lui ai proposé un verre de thé .Justement, j'étais entrain de prendre mon petit déjeuner .Il m'a remercié par un hochement de tête.
Quand, il a fini de manger, il s’est éloigné de quelques pas et s'est accroupi dans un coin .Il était resté ainsi toute la journée. A midi, j'ai du l'appeler à nouveau pour partager avec lui mon déjeuner .Quand il a fini de manger , il a retourné à son coin après m'avoir remercié.
Le soir, je m'apprêtais à fermer ma boutique quand j'ai remarqué qu'il était toujours là .Je me suis approché de lui.
_" Mon brave, c'est l'heure de la fermeture. Je vais devoir vous quitter. Il m'a regardé un moment et il a dit qu'Allah vous bénisse .Puis, il s'est relevé et il est parti.
Le lendemain matin de bonne heure, il était là sur le seuil de la porte .Il était couché sur le sol .Il s'était couvert de carton pour se protéger du froid .Je l'ai regardé avec pitié.
Puis, j'ai ouvert ma boutique. Aussitôt, il a sursauté en me voyant. Il a balbutié quelques excuses .Je l'ai rassuré qu'il n'y avait pas de problème. Cette fois, j'ai décidé de tout savoir sur lui. C’est ce qu'il a fait .En effet, il n'est pas de la région. Pour être précis, il vient de Casablanca .Malheureusement quoi que cette ville est la capitale économique du pays, cela ne l'empêche pas d'appartenir à l'une de ses classes les plus démunie. Comme, il ne pouvait subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il a décidé de partir vers l'aventure à la recherche de ce morceau de pain .Peut-être bien le trouvera-t-il quelque part .Et comme le dit l'adage: tant qu'il y a de la vie , il y a de l'espoir .Pour ce qui est de sa famille , chacun d'eux a pris une direction dans le même but que le sien.
En le dévisageant, je n'en croyais pas mes yeux .Et pourtant ce que je voyais était la réalité amère .Finalement le plus grand ennemi de l'homme est la pauvreté. La preuve : le cas de cet homme.
Donc, j'ai raconté son cas à mes amis commerçants .Pas la peine de vous dire qu'ils étaient tous solidaires avec lui. Aussi, durant les six mois qu'il était resté parmi nous , il ne manquait de rien : argent et nourriture.
Un jour, il nous dit à tous :
_ « Avec votre permission, je vais rendre visite à ma famille .A présent, je peux subvenir à ses besoins..En tout cas pour une certaine période.
Il nous a promis de revenir l'année prochaine.
Six mois se sont écoulés, quand il a fait son apparition. On l'avait accueilli à bras ouverts. C’est vrai, on s'était habitué à sa présence .Donc, à nouveau, tout notre intérêt s'était porté sur lui.
Ainsi, six bonnes années étaient passées, durant lesquelles l'état de notre mendiant s'était beaucoup amélioré.
Cette fois, il est venu pour faire ses adieux. Je ne vous cache pas qu'en me serrant les mains, des gouttes de larmes coulaient à travers ses yeux:
Cette fois, a- t-il dit, je ne reviendrai jamais.

Devant mon air ébahi, il a ajouté : « ne faites pas cette tête mon ami. Vous savez bien qu'un jour, nous allons nous quitter.
_ C'est vrai lui ai-je répondu ; mais votre présence va beaucoup me manquer. »
Il m'a regardé un moment en souriant :
_ « D'accord mon brave .Je vais vous donner mon adresse .Un de ces jours, venez me rendre visite .Ma famille et moi serons heureux de vous accueillir . »
Et il est parti.
Pour ne rien vous cacher : il a laissé un grand vide.Je crois qu'on l'avait évoqué durant des mois et des mois.
Finalement, on avait tous fini par l'oublier.
Trois bonnes années après, j'ai fait un grand voyage .A Casablanca, je me suis rappelé notre mendiant .Par chance, j'avais toujours son adresse sur moi .Aussi, j'ai décidé de lui rendre visite.

J’ai hélé un petit taxi et je lui ai refilé l’adresse .Un quart d’heure plus tard, le véhicule rouge s’est arrêté devant un grand immeuble .J’ai regardé autour de moi : il y en avait plusieurs bien bâtis et bien structurés. Devant mon air hébété, le chauffeur m’a montré du doigt l’entrée :
_ « C’est là monsieur !
Je n’étais pas convaincu .Aussi, je lui ai dit :
_C’est vraiment l’adresse que je vous ai donnée ?
Le propriétaire du taxi rouge n’était pas du tout content :
_ Mais oui , monsieur !
Puis :
_S’il vous plait , payez le prix de la course et veuillez descendre .J’ai beaucoup à faire.
Ce que j’ai fait. Donc, je suis entré dans l’immeuble en empruntant les escaliers .A chaque étage, je lisais les enseignes accrochées au dessus des portes .Arrivé au dixième étage, j’ai aperçu quelqu’un qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à mon ami le mendiant. Cependant, celui-là était bien vêtu et en plus , il était en pleine forme .Il est passé devant moi sans se préoccuper de ma présence .Aussitôt , j’ai lancé :
_ « Hé , monsieur Kabbour !
Tout à coup , il s’est retourné vers moi.Pas de doute c’était bien lui. Il m’a regardé un peu surpris un bon moment .Puis, j’ai repris :
_ Vous vous souvenez de moi .Je suis Mohamed Améziane de Nador. »
Tout d’un coup , il a accouru vers moi en m’enlaçant de ses bras :
_ « Mais oui et je ne pourrai jamais oublier le bon gars qui m’a hébergé et nourri des mois et des mois.Finalement, vous êtes venu.Quelle joie de vous revoir après ces longues années ! »
Puis, il a fait un grand geste de ses mains : ce bâtiment m’appartient du bas jusqu’en haut.La grande majorité des appartements qui s’y trouvent , je les ai louées à des fonctionnaires..J’ai gardé tout le dixième étage pour ma famille et moi
Venez pour vous reposer .Vous devez avoir faim et soif.
Justement deux fillettes se sont précipitées vers lui .En les embrassant , il leur a dit : saluez votre oncle Améziane.Il vient de loin.
Puis réalisant que j’avais deux sacs entre les mains , il m’a dit :qu’est-ce que c’est ?
_ « quelques fruits et de la pâtisserie que j’ai achetés pour vous.
Il a bien rigolé, le dodu ! Après quoi, il a donné un sac à chacune de ses pupilles en leur recommandant de les jeter dans les ordures publiques. Il m’a regardé en souriant : « ne vous en faites pas ; je ne manque de rien. Et puis , ça pourra bien faire plaisir à un pauvre passager .Il y en a beaucoup qui passent par là. »
Pour être franc avec vous, je n’en croyais pas mes yeux. Tout cela s’était défilé si vite qu’aussitôt, je me suis trouvé dans un superbe appartement qui rendrait jaloux le salon de mon père. C’est vrai les apparences sont trompeuses ! Qui aurait cru que ce pauvre mendiant était trois fois plus riche que ma famille ?
Je me suis assis sur du sofa aussi moelleux que la peau d’un bébé. J’ai jeté mon regard sur le mur : des tableaux d’art étaient accrochés et chacun des coins du salon abritait des œuvres d’art sculptées par les meilleurs sculpteurs du monde.
Quelques minutes, mon hôte a fait tinter une clochette .Aussitôt une jeune fille est entrée en poussant un petit chariot argenté et couvert d’une nappe dorée. Tout en ôtant le couvert, il m’a dit : servez-vous.
Ce que j’ai vu comme mets succulents m’a mis l’eau à la bouche. Déjà une agréable odeur avait envahi toute la pièce. Pour ne rien vous cacher , j’ai mangé comme un goret. Puis, on m’avait apporté de quoi me laver les mains. Sur ce, mon hôte, m’a fait emmener dans une pièce qui s’est avérée être le salon de séjour .Dans cette pièce, il y avait une grande bibliothèque qui contenait pas moins de cinq cents livres .Il y avait aussi un grand écran plasma tout au fond .Nous nous sommes installés sur des grands fauteuils qui ressemblaient de près à des diligences de prestige. Je crois que tout simplement, j’étais entrain de faire un rêve les yeux ouverts.
Une autre bonne nous a apporté deux tasses en porcelaine dans un plateau argenté. Tout en savourant l’arome délicieux du café, Kabbour m’avait raconté un peu de sa vie .Ce qu’il m’avait dit, je ne l’aurais jamais imaginé. A la fin , je me suis dit : pourquoi un homme qui ne manque de rien s’adonne à la mendicité ?
La réponse m’a été donnée par le faux mendiant lui-même :
_ « Vous savez mon ami, m’a –t- il expliqué, vous pourrez considérer cela comme un vice .D’ailleurs, nous n’avons cessé de mendier depuis des centaines d’années. Cela date de mon arrière grand-père Elhaj Kabbour.
Je l’ai interrompu : à présent, vous avez repris votre vie de richard !
_ Oui, a-t-il précisé pour un certain temps seulement
_ Quoi ? Mais, il y a au moins quatre années que vous n’êtes pas venu nous voir !
Il est parti d’un rire qui exprimait combien il était déçu de mon intelligence
_ Mon ami, je vois bien que nous n’avez rien compris .Sachez que Nador n’était pas ma seule destination. Je me suis installé dans pas mal de régions comme : Berkane, Kasbat Tadla, Khouribga, Chaouen ….Bref, j’ai vu presque tout le Maroc .Mais je crois que votre région est l’une des régions que j’ai beaucoup aimée.
_ Vous allez sûrement nous rendre visite .N’est-ce pas ?
_ Malheureusement, non ! »
J’ai du passer trois jours chez lui. Puis, je l’ai quitté pour toujours .Après tout, il s’est acquitté de sa dette envers moi .Aussi , je l’avais totalement oublié .Cette mendiante qui est montée dans notre car avait les mêmes caractères que mon ami le faux mendiant.
Fin de l’histoire de mon compagnon de voyage



PS : en regardant de près cette dame qui mendiait, je ne cessais de penser à la grosse fortune qu’elle pourrait trimbaler sous ses habits .Soudain, un jeune homme fit irruption à l’intérieur du véhicule .Il pointa un doigt vers la vieille mendiante et cria : Attention ! Cette femme est beaucoup plus riche que vous tous .Elle ne mérite nullement votre pitié.
Puis, il a disparu laissant la plupart des voyageurs dans le doute …sauf mon compagnon et moi
Et vous , croyez-vous à cette histoire ?

Abdelhamid : dimanche 6 mars 2011Mendiant4.jpg

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 02:19
جديد 2 Chronique : le chien noir

Chronique : le chien noir








Il y a une semaine, j’arpentais comme chaque matin le chemin qui mène à la mosquée .Il était environs Quatre heures moins le quart. D’ailleurs, on entendait l’appel de la prière. A une dizaine de pas, je remarquai un chien .On dirait qu’il me guettait .C’était au fait un chien noir avec des yeux qui brillaient .Bien entendu, je pris toutes mes précautions en passant à ses cotés .Pendant ce temps là, l’animal était toujours immobile, mais il suivait mes pas comme si il les comptait. Après l’avoir dépassé d’une vingtaine de mètres, mon cœur reprit son battement normal et mon sang a vite repris sa circulation dans tout mon corps. Pour vous dire que j’avais une frousse bleue, mais pas la chair de poule !

Mais , ce qui arriva après , n’était pas du tout prévu .Soudain, je sentis une douleur dans mon mollet droit : le chien noir m’a mordu .Sous le coup de la douleur , je lui donnai un monumental coup de pied ,au risque de faire valdinguer ma babouche gauche à quelques mètres de moi. Aussitôt, la bête se sauva .Je regardai autour de moi : il n’y avait personne. Je jetai un coup d’œil vers ma jambe : Dieu soit loué la morsure n’était pas profonde mais mon pantalon et mon pyjama avaient subi de grandes conséquences. Tout en boitant légèrement, je continuai quand même mon chemin vers la mosquée.0

Arrivé à la maison, je badigeonnai la partie blessée par un désinfectant ; puis je me rendormis aussitôt. Pas la peine de vous dire que durant les trois heures de sommeil, je n’ai cessé de penser au cabot.

Il était environ dix heures, quand je décidai d’aller à la pharmacie du coin. On me donna des médicaments et on me conseilla de me faire injecter une piqûre antirabique .

Donc, , je me dirigeai directement vers le service d’hygiène de la municipalité de la ville. Là-bas, après une brève consultation, l’infirmier me piqua à deux reprises sur mes deux épaules. On me dit de revenir une deuxième et une troisième fois pour la même raison.

A présent, pour aller à la mosquée, j’ai changé de chemin. Le chien noir est toujours dans son coin. On m’a dit que je n’étais pas sa seule victime : il a mordu un petit garçon et un vieillard.0

Une idée a surgi un bon moment dans ma tête : prendre un gourdin et flanquer des coups à ce sac à puces jusqu’à mort s’en suive. En faisant part de cela à ma famille, ma fille m’a dit : « Mais, tu es fou papa ! Et s’il te mord une seconde fois ? »0

Comme je ne suis pas tout à fait têtu, je lui ai répondu : « tu as raison, ma chérie. Mais ce n’est que partie remise. »0

Et d’ajouter : « Je vais lui régler son affaire dès que j’aurai terminé mes piqûres. »0



Houmidi59 : samedi 20 Aout 2011





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Published by Houmidi59 - dans rire à gogo
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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 15:33

Je m’appelle Boujemaa.On dit que je suis borné et que je n’en fais qu’à ma tête. Ne croyez surtout pas que je sois une grosse tête. Cependant, je sais donner des coups de tête quand l’occasion se présente bien, surtout quand on veut me chercher noise. Celle –la , je ne la rate pas.
Ah, oui, il faut bien avoir sa tête sur ses épaules pour parer à de tels coups.
Pour ne rien vous cacher, je sais à peine lire et écrire quelques mots .Voyez-vous, comme tous les élèves de mon âge, on m’avait initié à l’école publique, mais moi j’étais plus attiré par l’école buissonnière. Heureusement pour moi, je n’étais pas seul. Deux autres élèves se sont joints à moi : un petit maigrichon et un gros dodu. Ainsi, si vous nous voyez , vous aurez l’impression d’être devant les pieds nickelés .Pas la peine de vous dire qu’on avait passé de bons moments à errer dans les rues , à regarder des films au cinéma , à pêcher dans la rivière ,à jouer au foot…bref à faire tout ce qu’on avait envie de faire.
A l’école, les élèves avaient la frousse quand ils me voyaient. La plupart me fuyait et le reste m’évitait .C’est pour cela qu’ils approuvaient mes absences .Quant à la maitresse, elle était très enchantée de me voir à des kilomètres loin d’elle. Aussi, elle me disait souvent :
_ Si tu te plais là-bas, tu peux rester autant que tu veux.
Bien entendu, elle n’a aucune idée des endroits que je fréquente ; mais pour elle c’est une occasion que je débarrasse « son plancher ».
A la maison, je suis le seul garçon de la famille. J’ai trois sœurs plus grandes que moi .Cela n’empêche pas que je les maltraite assez souvent et les bat quand l’occasion s’en présente. Elles sont devenues douces et dociles à mon égard .Quand j’ai besoin d’argent , elles font tout pour me le procurer .Elles ,aussi , font tout leur possible pour m’éloigner de la maison .
J’ai une bonne relation avec ma mère .Chaque matin quand je l’embrasse sur le front, elle me dit : qu’Allah te couvre de sa Bénédiction. Elle, n’est pas curieuse et ne me pose jamais de questions sur mes sorties et mes rentrées. Cependant quand je la quitte, elle dit : fais bien attention .Je lui répond dans mon fort intérieur : ce sont les autres qui doivent faire attention à moi !
Avec mon père, c’est tout à fait le contraire .Chacun de nous évite l’autre. Chacun de nous connaît les horaires de l’autre, ce qui fait qu’il est presque impossible de nous trouver face à face, voire même dans le même endroit.
Mon paternel est quelqu’un d’autoritaire et moi je suis quelqu’un de têtu et d’obstiné .Lui me traite de « sauvage ».Moi ça m’arrange ; et puis j’ai une certaine culture que j’ai puisée des bandes dessinées. J’ai connu la vie de beaucoup de sauvages célèbres et respectés comme Tarzan, Zembla et Akim. Je crois que j’aimerais bien être comme l’un d’eux avec quelques modifications bien entendu, à savoir que je n’ai nullement l’envie de vivre dans leur jungle presque nu et donner des ordres aux animaux .D’ailleurs, notre monde aussi est une sorte de jungle qui fait que le fort et le puissant battent le faible. Puisque moi , j’ai ma petite place parmi les grands , je n’ai pas à me plaindre.
Dans notre quartier, on m’appelle le Chef .On m’obéit et j’ai toujours le dernier mot. C’est moi qui décide de tout .Aussi, si quelqu’un veut faire quelque chose comme aller au cinéma, acheter un biscuit, jouer au ballon, il doit m’en informer. C’est à moi de lui donner l’autorisation sinon refuser sa demande .Celui qui est intelligent, sait bien se comporter avec moi : il me graisse les pattes et moi je devine ce qui tourne dans sa tête. Alors, je lui dit : d’accord, tu peux faire ce dont tu as envie ; puis j’ajoute : pas de faux pas , je t’ai à l’œil .
Pour vous dire que je ne manque ni d’expression ni de bon sens.


Les grandes personnes du quartier .Ici c’est le cas des personnes âgées que je me plais d’appeler : la promotion de mon père .Il me semble qu’ils lui ressemblent comme deux gouttes d’eau. C’est vrai que certains d’entre eux paraissent doux comme des agneaux mais vous devez bien le savoir : les apparences sont souvent trompeuses. Moi qui suis toujours sur mes gardes, je ne fais confiance à personne et ce n’est pas une queue de chien en plein mouvement qui me convaincra qu’on est heureux de me voir.

Pour conclure, je voudrais vous dire qu’en dépit de ma férocité, ma mauvaise humeur et mon entêtement, je ne suis ni hypocrite ni menteur. Voyez-vous, ces deux vilains défauts qui ont fait de l’homme un être sans scrupules et sans aucun principe me répugnent .
Ce sont comme ces ignobles gens qui vous pourrissent la vie ; pas moi

Houmidi59: janvier 2011





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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 22:15

 

Episode I : la fête et l’inconnu

 



Dans la demeure de Boudhab, il y avait une grande réception en l'honneur des amis et des connaissances de la famille. En fait, on fêtait dix années de mariage. Aussi, on est venu pour présenter les meilleurs vœux au couple. Ce dernier, bras dessous et bras dessus, allait de table en table en souhaitant la bienvenue aux uns et remerciant les autres .Tandis que des chuchotements d'admiration et peut-être bien de jalousie marquaient leur passage.
Les amis de monsieur Boudhab étaient nombreux et la plupart étaient des célébrités. Il y avait le professeur Mahraz connus par ses nombreuses recherches et ses inventions dans le domaine de l'agriculture notamment la pomme de mer et le chou-rose .Etait présent aussi, le médecin Fanidi spécialiste dans tous les voies entre autres : urinaires, sanguinaires, publiques et secondaires…sans pourtant oublier la voie lactée et la voie orale. Cependant, son seul vrai exploit : la guérison d'une brebis galeuse en la transformant agneau doux.

Le monde de la littérature était aussi présent : Abou Kassid , le célèbre poète connu par ses mille vers, Tartari , l'écrivain et le romancier dont les œuvres ont été traduites dans toutes les langues y compris l'espéranto et le yiddish, le grand chroniqueur Lafhamat qui abordait tous les sujets sans pourtant atteindre la marge d’ un seul .
Les acteurs ne manquaient pas.Aussi, on remarqua la présence de l’acteur Français John Aimard, le Chinois Jess Wi Ching Wa ,l’Egyptienne Amal Hayaty , l’Américain Brave Type , la Sénégalaise Mamati et bien entendu le talentueux marocain Taleb Maachou.

Dans le monde artistique : la belle chanteuse Kachira connue par sa chanson romantique avis de recherche à vie dans laquelle elle disait
Je te cherche
tu te caches
viens vite !
Sinon, je me fâche
Grâce à cette chanson, elle a eu l'oscar de l'année et deux lascars aux trousses.

Il y avait le célèbre prestidigitateur à la main souple. Actuellement, il est l’assistant d’un dentiste, pour ne pas dire : arracheur de dents.
Pour finir, la célèbre voyante qui prétend voit tout .D'ailleurs dès que vous lui parlez, elle vous dit : je vois, je vois

Chose surprenante, l'inspecteur Boukal était parmi les convives. Il n'était pas en mission ; mais il se trouve que sa femme est la cousine de madame Boudhab et comme elle était un cordon bleu de la cuisine marocaine, on n'avait pensé que son aide ne serait pas de refus. D’ailleurs, elle avait préparé presque tous les plats de la fête , exceptes ceux qui contenaient du sucre ou du sel. Pour vous dire combien sa présence était nécessaire
Donc tout se déroulait bien et à merveille. Ah, j''ai oublié de vous dire qu'on se trouvé dans le superbe jardin de la villa et qu'il y avait à peu près une vingtaine de tables couvertes par des parasols excentriques; ce qui donnait à l'endroit une atmosphère de carnaval.
On était heureux comme un bébé. Aussi, on s'amusait comme des fous, on riait comme des bossus, on mangeait comme des affamés et on buvait comme des trous.

Madame Boudhab était vraiment ravissante ce jour. Elle s'était habillée comme une reine .Avec sa taille de guêpe, elle donnait l'impression à son entourage qu'elle était loin d'avoir ses trente ans. Elle se déplaçait d'un pas souple et léger entre les convives, tout comme un papillon d’une rose à l’autre .Vraiment, elle était l'héroïne de la fête
Son mari, lui était quelqu’un qu'on voudrait bien avoir son poids s'il était en or. Il avait mis son costume à rayures qui lui donnait l'impression d'un zèbre femelle enceinte de dix mois. Cependant, il se déplaçait comme un taureau .Heureusement que sa demie le maintenait en laisse, sinon il aurait bien fait des malheurs .Non, rassurez-vous:il n'avait pas bu d'alcool ; mais le Malheureux a sifflé par ignorance, voire insouciance une bouteille de sirop .Notez qu'il était enrhumé et son médecin traitant lui avait prescrit deux cuillerées trois fois par jour; et lui intelligent comme il était il avait pensé prendre les trois doses en un seul coup. Comme ça, son seul souci serait l'accueil de ses invités. Alors, il a vidé le contenu d'un seul trait .Quand sa femme l'avait trouvé, il était entrain de fou de rire. Bien entendu, il était trop tard pour l'emmener aux urgences et puis les invités étaient déjà dans la demeure.
L'épouse dévouée lui a fait boire du café noir .Ainsi, le débauché s'est à moitié dessaoulé.
Hormis ce cas d'ivresse accidentelle, monsieur Boudhab était un riche homme d'affaires ; quelqu'un de sérieux, de serviable et de brave. Malgré sa corpulence, il était aussi doux qu'un agneau et ne tuait pas une mouche même si elle mettait ses pattes dans son assiette. Tout simplement, il l'écrasait entre deux bouchées de pain sans s’apercevoir de sa présence.
A un moment, une des servantes s'approcha du couple et chuchota à l'oreille de madame qu'un vieil homme demandait à la voir. Celle-ci par un geste lui fit savoir de dire à l'intrus que c'était à lui de se faire voir ailleurs. La servante obtempéra, mais revint aussitôt :
_ Qu'est-ce qu'il y a encore? Tu ne vois pas que je suis occupée
_ Mais madame, le monsieur insiste pour vous parler
Madame Boudhab réfléchit quelques secondes. Puis :
_ A -t-il dit son nom ?
_ Oui madame; il s'appelle Maazouz

_ Ce nom ne me dit rien qui vaille
Bon , dis-lui que j'arrive !
Pendant ce temps, monsieur Boudhab se rua vers quelques uns de ses anciens amis .Ces derniers l'accueillirent à bras ouverts.
Quant à madame Boudhab, elle s'approcha du seuil de la porte. Elle ne vit personne. Elle regarda aux alentours : une voiture qui démarrait attira son attention, puis les miaulements de deux chats qui se disputaient une proie (sûrement une tête de poulet).A part cela, rien d'anormal. Elle s'apprêtait à rebrousser chemin quand elle entendit comme un chuchotement :
_ Malika! je suis là .Ne t'en vas pas
Elle se retourna brusquement et ne manqua pas de crier :
Ah, mon Dieu
 

 

 

Episode II : l’inconnu s’identifie 

 


Devant elle surgit un jeune homme .Tout blanc comme il était qu'il ressemblait à un ange. D'ailleurs, tout étincelait autour de lui.
_ Qu'est-ce que tu as Malika? Tu sembles comme surprise !
Cette dernière balbutia des mots :
_ je...je..mais la servante m'a dit qu'un vieil homme demandait à me voir
_ C'est vrai !
_ Alors ?
_ C'est simple , je me suis transformé
_ Est-ce que vous vous moquez de moi ?
_ Pas du tout. D’ailleurs, les anges sont les derniers à aimer les plaisanteries.
Malika hésita quelques secondes avant de reprendre avec méfiance:
_ Vous êtes un ange ?
_Tu ne me crois pas .D'accord , je vais te le prouver.
De sa main , il montra des passants :
_Regardez ces honorables gens : ils ne peuvent me voir
Demandez-leur qui est avec vous ?
_ Mais..
_Allez, Malika ! Faites-moi confiance
Aussitôt madame Boudhab héla un groupe de passants:
_S'il vous plait connaissez-vous ce jeune homme ?
Ces derniers la regardèrent avec surprise.Puis ils chuchotèrent des mots .Cependant, Malika entendit des bribes qui ne faisaient que l'impressionner davantage.Pour l'encourager l'ange lui dit:
_ Dites-moi qu'est-ce qu’ils disent à propos de moi ?
L'épouse dévouée baissa son regard et répliqua :
ils parlent plutôt de moi .On dirait qu'ils se moquent de moi
_Qu'est-ce qui le prouve ?
_Ils pensent que je suis folle parce qu'ils me voient seule
_Ben, vous voyez !
_ Donc vous êtes un ange!
Puis :
_ S'il vous plait que voulez-vous de moi ?
_ De vous , non ; mais je suis venu pour vous parler de votre époux.
Soudain, Malika devint pale:
_J'espère que vous lui apportez de bonnes nouvelles
_Malheureusement , c'est tout à fait le contraire .
_Oh, mon Dieu! De quoi s'agit-il ?
_Je sais que c'est un peu dur pour vous , mais c'est la volonté divine qui le veut
Bon, je vais être bref : votre mari va mourir dans trois jours
Madame Boudhab blêmit et manqua de s'évanouir.Aussitôt, l'ange lui fit sentir un doux parfum et elle reprit ses esprit .
Cependant, elle eut le courage de le supplier :
_S'il vous plait , faites quelques chose.Mon mari a été toujours bon pour moi
_On le sait ; mais son heure vient d'arriver
Après quelques secondes de réflexions, elle reprit:
_Dites-moi: dois-je l'avertir ?
_C'est normal , non ? Et peut-être cela l'incitera à faire beaucoup de bien
Madame Boudhab eut soudain une idée.Aussitôt elle se mit en devoir de l'exécuter:
_Je vous prie de m'attendre juste deux minutes , le temps de prévenir mon mari
Puis, elle accourut vers l'intérieur de la villa; tandis que le visiteur s'en alla à son tour sans se retourner derrière lui .Bientôt, il disparut dans des ruelles sombres.
Pendant ce temps, monsieur Boudhab était entrain de chercher sa femme parmi les invités.Dès qu'il la vit , il la réprimanda sévèrement :
_ « Mais où étais-tu passé ? Nos invités tiennent beaucoup à te remercier avant de nous quitter
Cette dernière semblait ne rien écouter :
_Il faut que je te parle .Viens avec moi : il y a une personne étrange qui prédit une mauvaise chose sur toi
_Ah, bon ! je peux savoir de quoi il s'agit
Puis:
_ fais vite , sinon je vais mourir de curiosité
Malika cria fort :
_Non, non pas ça!
Monsieur Boudhab essaya de la calmer:
_ D'accord, d'accord, je t'accompagne
Alors, ils se ruèrent vers le portail .Dehors, il n'y avait personne.Au coin de la rue deux hommes étaient entrain de discuter entre eux .Malika les héla :
_S'il vous plait avez-vous un jeune homme habillé de blanc près de cette villa ?
L'un d'eux répondit : non madame .Nous sommes là depuis une quinzaine de minutes et on n'a vu aucune personne qui ressemble à la description de votre homme.
Elle les quitta après les avoir remercié.
Puis, elle dit à elle même : il a disparu
Son mari intervint : Qui a disparu ?
Malika dit tout haut : mais je parle de l'ange gardien !
Monsieur Boudhab ramena sa femme vers la chambre .Ensuite, il demanda à la servante d'apporter à madame un verre de lait frais.
Il s'approcha de sa femme et l'enlaça de ses bras : calme -toi et raconte-moi tout .Du début jusqu'à la fin.
L'épouse raconta tout et conclut : l'ange m'a dit que dans trois jours , tu vas quitter ce monde
Aussitôt, monsieur Boudhab se mit à rire .tout en lançant des commentaires qui prouvaient bien qu'il était loin de croire à la prédiction angélique.Il poussa même l’audace jusqu'à se mettre à trembler de tout son corps et crier : aide-moi , je sens que j'ai la chair de poule
Regarde comme je tremble .Oh, mon dieu je sens que mon heure est arrivée
Aussitôt, Malika pleura à chaudes larmes
Une fois de plus , Boudhab lui dit avec tendresse :
D'accord, je te crois
Puis , il la laissa seul .

 

 

Episode III :  à la recherche de l’inconnu


Le lendemain matin, monsieur Boudhab s'en alla à sa société sise rue de la prospérité n° 13 .Arrivé sur les lieux, il commença par le dépôt où il trouva le gardien Bouchaïb entrain de griller une cigarette en cachette. Bien entendu, il le réprimanda sévèrement :
_" Combien de fois t'ai-je dit de ne pas fumer à l'intérieur ?

un jour, tu mettras le feu dans toute la société et je ne vais pas l'attendre les bras croisés sans rien faire .
_ Excusez-moi patron .Si je me suis caché c'est juste pour surveiller un quidam qui rodait plus d'une heure autour du bâtiment
_ Qu'est-ce que tu dis ?
Tout heureux d'avoir évité une sanction , il lança d'un ton confiant :
_ Vous savez , je suis un bon gardien et je veille sur tout qui bouge ...
_ D'accord, d'accord , l'interrompit-il, parle-moi de cet homme
_En fait, c'est un jeune homme blond de taille moyenne .Il était habillé d'un costume blanc et portait des bésicles de soleil
_ ça alors, s'écria Boudhab , je ne savais pas que les anges portaient des lunettes solaires
_Je n'ai pas parlé d'ange patron
Le directeur sursauta :
_Dis-moi : est -ce que tu lui as parlé ?
_Mais , patron , comment pourrais-je lui parler alors que je devrais le surveiller
Monsieur Boudhab obtempéra :
_Tu as raison et tu as bien fait , le complimenta-t-il
Et d'ajouter
_Raconte-moi ce qu'il a fait au juste !
Le gardien le regarda étonné :
_Mais qu'est-ce que tu as
http://www.profvb.com/vb/images/smilies/redface.gifn dirait que tu as avalé une chaussette
_ Pa...patron, est-ce que cet homme vous intéresse ?
_ Bien sûr qu'il m'intéresse; et puis n'a-t-il pas attiré ton attention sur lui ?
_Oui patron .Son comportement était louche
_Comment louche ?
Le gardien sortit de sa poche un morceau de cigarette qu'il plaça entre ses lèvres ; puis il se mit en devoir de chercher une allumette enfouie dans l'une de ses dix huit poches .
Boudhab lui tendit un paquet de cigarette tout neuf
_Tiens et jette-moi ce mégot
_Merci , mais je voudrais bien une allumette
Le patron lui tendit un briquet
_Est-ce que je le garde aussi ?
Monsieur Boudhab balaya ces propos par un geste de la main
_Allez, mon brave , parle-moi de cet homme blond que tu as vu roder dans les parages
Après avoir allumé une cigarette, il en tira une grande bouffée.Aussitôt, il se mit à tousser. Il toisa son patron du regard les larmes aux yeux
_Sauf , votre respect, monsieur le directeur, votre boite de cigarette n'est que de la mer...
Le patron ne se fâcha nullement .Cependant il rétorqua calmement en lui tendant un petit flacon:
_Tiens bois un coup ,ça te soulagera
Aussitôt , le gardien vida tout le contenu dans son gosier et..il s'écroula sur le sol inanimé
Monsieur Boudhab ramassa son paquet de cigarette et son briquet , les remit dans sa poche ; puis se dirigea vers l'atelier.
A l'intérieur , les ouvrières travaillaient énergiquement chacune attablée à sa machine à coudre. De loin , il aperçut Une grosse femme en tablier bleu qui faisait les cents pas .Il la héla :
_Madame Chakrouni , venez un peu par là
Cette dernière accourut et dit:
_Bonjour monsieur le directeur .Vous êtes bien matinal ce matin
Boudhab jeta un coup d'œil aléatoire autour de lui et dit :
_Est-ce que tout se déroule bien ?
_Oui monsieur le directeur et la première livraison est déjà prête pour notre client
_Comment s'appelle-t-il déjà ?
_ Monsieur Boulouiz
Et d'ajouter :
_ Pour une coïncidence s'en est vraiment une !
_Comment cela , sursauta monsieur Boudhab
_ Oh , rien ; je voudrais juste vous signaler qu'un jeune homme blond vous attend dans votre bureau
Soudain, le visage du directeur se crispa , ses mains tremblèrent et ses yeux lancèrent des étincelles de colère
_Qui vous a permis de le conduire à mon bureau ?
_Mais monsieur le directeur il nous a donné une lettre de vous dans laquelle vous lui avez fixé un rendez-vous
_En êtes-vous sûr ?
_ Bien sûr monsieur le directeur et je reconnais bien votre signature .Et puis il vient de la part de monsieur Boulouiz.
Monsieur Boudhab s'écroula sur une chaise devant lui.Aussitôt , l'une des ouvrières lui apporta un verre d'eau qu'il but en petite gorgées
Puis, il lança à la contremaitre
_S'il vous plait , parlez-moi de cet homme
La grosse femme baissa ses yeux ; puis fourra son index dans l'une de ses narines.Bientôt elle essuya le doigt dans son tablier ; puis renouvela l'opération pour l'autre narine.
Le directeur suivait l'opération sans piper mot
Aussitôt la bedaine s'exclama :
_L'homme blanc m'a dit qu'il vous apportait une mauvaise nouvelle
_Ah bon lâcha le directeur
Puis :
_Vous a -t-il dit de quoi il s'agissait ?
_ Non monsieur le directeur ; mais je crois que c'est une affaire personnelle qui concerne notre client
Monsieur Boudhab se releva de sa chaise avec peine .il marcha péniblement vers son bureau qu'il atteignit avec difficultés. A travers la vitre, il aperçut sa secrétaire toute seule ; ce qui le rassura pour un moment .Cette dernière accourut vers lui
_Bonjour monsieur le directeur, je..
Il l'interrompit vivement
_Où est monsieur Boulouiz
_ Je n'ai vu personne, monsieur , croyez-moi
_Mais madame Chakrouni m'a affirmé qu'un jeune homme blond était entrain de m'attendre dans mon bureau
_ En tout cas pas ici.D'ailleurs, je suis ici depuis huit heures trente
_Merci Nabila
Puis, il accourut vers le dépôt sans se soucier des appels de sa contremaitresse
Pas de traces du gardien.Il fit quelques pas à l'intérieur : toujours aucune trace de son employé.Soudain, il remarqua une ombre qui se faufilait derrière les cartons .Il y courut à toutes jambes pour l'attraper .Cette dernière fit basculer le contenu de l'un des cartons ; ce qui fait que monsieur Boudhab chuta et la silhouette prit de l'avance et disparut aussitôt derrière la porte sans lui donner la chance de l'identifier.
Quelques instants après, le directeur atteignit à son tour le grand portail ; mais il ne vit rien de suspect. Il s'apprêtait à rentrer quand il aperçut un jeune homme blond qui discutait avec le gardien .Les deux venaient de sortir d'une maison d'en face .Aussitôt une voiture s'arrêta à quelques pas d'eux .Le conducteur leur ouvrit la portière arrière et les deux hommes y montèrent.Heureusement pour lui, ils ne l'avaient pas vu.Monsieur Boudhab hocha longuement sa tête tout en regardant le véhicule démarrer en trombe
_ « Tiens, tiens, je ne savais pas que les anges montaient dans des voitures . »

 

 

 

Episode IV:  l’inconnu est connu

 

 

Monsieur Boudhab décida de se confier à l'inspecteur Boukal .Aussi, il lui rendit visite au commissariat , parce que tout simplement ce dernier est presque absent chez lui. Donc, il s'approcha d'un policier en garde et l'apostropha poliment :
_Bonjour ! Pourriez-vous m'indiquer le bureau de monsieur Boukal
Ce dernier lui fit savoir que l'as de la filature occupe le dernier étage , mais cela ne l'empêche pas qu'il soit le premier dans toutes les catégories y compris celle des râleurs (et des râleuses). En ce moment il était entrain d'interroger un suspect ; mais il pourrait toujours l'attendre dans son bureau.
Monsieur Boudhab escalada l'escalier en comptant environ quatre vingt treize marches.Il y arriva l'air essoufflé.Aussi, il s'assit sur la dernière marche pour reprendre son souffle.A quelques pas de lui, il remarqua une porte entrouverte:
C'est le bureau de l'inspecteur se dit -il .D'ailleurs ,il me semble apercevoir quelqu'un habillé d' un manteau à carreau.C'est bien lui .
Soudain, il entendit un sorte de fracas.On dirait une masse qui venait de s'écrouler en brisant un meuble
Cette fois monsieur Boudhab lança :
"voilà la preuve: c'est une méthode utilisées dans les interrogatoire dirigés par l'inspecteur Boukal
Et d'ajouter : laissons-le terminer son travail et puis ce n'est pas bien de déranger les gens pour de simples trucs.
Alors,il obliqua vers l'autre côté pour savourer le spectacle.
En effet, de là, il distingua quelqu'un qui essayait de se relever mais qu'un gros pied l'empêchait de se tenir debout. Les coups n'étaient pas certes stridents mais faisaient crier l'homme par terre.
A un moment , un policier passa près de Boudhab et poussa la porte pour entrer .C'est là que notre homme d'affaires fut pris de stupeur
" ça alors , dit -il c'est la première fois que je vois un ange châtié par la police"
Puis, il décida d'entrer lui aussi.
En ce moment là, l'inspecteur versa de l'eau sur le corps inanimé et dit dit tout en cassant la carafe sur la tronche du malfaiteur :
_" Tiens , tiens! on a de la visite
Monsieur Boudhab qui a toujours la chair de poule envers les poulets balbutie ces mots :
Je...je ..je ne fais que passer .Si vous voulez , je reviendrais une autre fois
L'inspecteur sourit et sans cesser d'asséner des coups de poing au faux ange , dit à l'intention de son visiteur :
_ Pas du tout cher gendre , je suis heureux de vous recevoir ; mais donnez-moi quelques minutes le temps de finir ce petit travail
Sur ce , il fit relever le corps de ses deux mains robustes et l'envoya valdinguer vers la porte qui s'écroula .Aussitôt , il fit signe au policier qui venait entrer :
_ Emmenez-la à sa cellule et gardez-le moi au frais .Tout à l'heure , je continuerai mon interrogatoire avec lui
Puis, il s'approcha de monsieur Boudhab :
Bonjour Omar !Quel bon vent vous amène au commissariat!
Ce dernier le regardait ébahi , la bouche entrouverte
_Ne dites rien , je vais essayer de deviner
Je parie que madame Boudhab s'est faite la malle en allant quelque part
Non, pas ça !
Ah, bon .....ça y est vous avez trouvé votre chien de garde raide mort
Quoi , ce n'est pas cela non plus !
Mais qu'est -ce que vous avez ? On dirait que vous avez avalé votre langue
Heureusement pour lui , Boudhab réussit à articuler quelques mots
_L'ange gardien
_ l'ange gardien répéta l'inspecteur
_ je suis venu à propos de l'ange gardien , continua l'homme d'affaires
L'inspecteur éclata de rire avant de répondre :
Cher gendre , vous ne manquez pas d'humour et croyez -moi j'en avais justement besoin après la scène de tout à l'heure
_Justement , répliqua monsieur Boudhab , cet homme que vous venez de malmener , je le connais
_ Ah , bon !
_ Oui, certifia-t-il : il est venu chez moi et a annoncé ma mort à ma femme
_ Tiens, tiens , seriez-vous l'une de ses victimes
_ Comment cela ?
_ Mon cher , l'homme qui était devant vous est le plus grand escroc de la planète .Jusqu'ici il a escroqué des milliers de personnes
Au fait, racontez-moi tout."
Ainsi monsieur Boudhab relata tous les faits.Quand , il termina son récit , il ajouta:
_ Je crois qu'il a des complices
L'inspecteur ouvrit alors le tiroir de son bureau pour en sortir une vingtaine de photos
_" Tenez , lui dit-il , regardez parmi ces photos si par hasard , vous en connaissez quelques personnes
Monsieur Boudhab fit passer les photos une à une.Soudain, il montra de son doigt l'une d'elle et s'écria :
_ Celui-là ,c'est le gardien de mon dépôt.
Puis, il tendit la photo à l'inspecteur
_ Bravo, le complimenta ce dernier .Votre visite n'a apporté que du bien..mais continuez identification des personnes.
En effet, l'homme d'affaires s'exclama à nouveau :
_ Celui là est le chauffeur de la société
Tout en dévisageant la photo, l'inspecteur apostropha son interlocuteur
_Depuis quand travaille-t-il chez vous ?
L'homme d'affaires se tapa le front:
_Bon sang de bon sang , mais il y a juste deux semaines.D'ailleurs c'est le gardien de mon dépôt qui me l'avait conseillé parce que prétendait-il c'était quelqu'un de sérieux et qui aurait une grande expériences dans le transport en commun
L'inspecteur s'approcha de monsieur Boudhab et lui serra longuement la main avant de dire :
_ Vous m'avez rendu un fier service.Grâce à vous , on résoudra l'affaire de l'ange gardien
Monsieur Boudhab eut le dernier mot:
_" Même les anges , ils n'ont pas droit à l'erreur."


Fin de l'intrigue

PS: il s'est avéré que la contremaitresse de l'usine, la servante de la maison, et même sa secrétaire étaient de connivence avec l'ange gardien .D'autre part, on vient de découvrir l'identité de l'escroc : c'est....excusez-moi, je n'ai pas le droit de vous le dire
Pour les curieux , ils n'ont qu'à contacter l'inspecteur Boukal.Son numéro de téléphone se trouve dans tous les annuaires téléphoniques du monde.


Houmidi : 7 janvier 2011

 

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 23:58

 

Monsieur Boudhab n’a pas froid au yeux (3)0


Le lendemain matin, monsieur Boudhab s'en alla à sa société sise rue de la prospérité n° 13 .Arrivé sur les lieux, il commença par le dépôt où il trouva le gardien Bouchaïb entrain de griller une cigarette en cachette. Bien entendu, il le réprimanda sévèrement :
_" Combien de fois t'ai-je dit de ne pas fumer à l'intérieur ?

un jour, tu mettras le feu dans toute la société et je ne vais pas l'attendre les bras croisés sans rien faire .
_ Excusez-moi patron .Si je me suis caché c'est juste pour surveiller un quidam qui rodait plus d'une heure autour du bâtiment
_ Qu'est-ce que tu dis ?
Tout heureux d'avoir évité une sanction , il lança d'un ton confiant :
_ Vous savez , je suis un bon gardien et je veille sur tout qui bouge ...
_ D'accord, d'accord , l'interrompit-il, parle-moi de cet homme
_En fait, c'est un jeune homme blond de taille moyenne .Il était habillé d'un costume blanc et portait des bésicles de soleil
_ ça alors, s'écria Boudhab , je ne savais pas que les anges portaient des lunettes solaires
_Je n'ai pas parlé d'ange patron
Le directeur sursauta :
_Dis-moi : est -ce que tu lui as parlé ?
_Mais , patron , comment pourrais-je lui parler alors que je devrais le surveiller
Monsieur Boudhab obtempéra :
_Tu as raison et tu as bien fait , le complimenta-t-il
Et d'ajouter
_Raconte-moi ce qu'il a fait au juste !
Le gardien le regarda étonné :
_Mais qu'est-ce que tu as n dirait que tu as avalé une chaussette
_ Pa...patron, est-ce que cet homme vous intéresse ?
_ Bien sûr qu'il m'intéresse; et puis n'a-t-il pas attiré ton attention sur lui ?
_Oui patron .Son comportement était louche
_Comment louche ?
Le gardien sortit de sa poche un morceau de cigarette qu'il plaça entre ses lèvres ; puis il se mit en devoir de chercher une allumette enfouie dans l'une de ses dix huit poches .
Boudhab lui tendit un paquet de cigarette tout neuf
_Tiens et jette-moi ce mégot
_Merci , mais je voudrais bien une allumette
Le patron lui tendit un briquet
_Est-ce que je le garde aussi ?
Monsieur Boudhab balaya ces propos par un geste de la main
_Allez, mon brave , parle-moi de cet homme blond que tu as vu roder dans les parages
Après avoir allumé une cigarette, il en tira une grande bouffée.Aussitôt, il se mit à tousser. Il toisa son patron du regard les larmes aux yeux
_Sauf , votre respect, monsieur le directeur, votre boite de cigarette n'est que de la mer...
Le patron ne se fâcha nullement .Cependant il rétorqua calmement en lui tendant un petit flacon:
_Tiens bois un coup ,ça te soulagera
Aussitôt , le gardien vida tout le contenu dans son gosier et..il s'écroula sur le sol inanimé
Monsieur Boudhab ramassa son paquet de cigarette et son briquet , les remit dans sa poche ; puis se dirigea vers l'atelier.
A l'intérieur , les ouvrières travaillaient énergiquement chacune attablée à sa machine à coudre. De loin , il aperçut Une grosse femme en tablier bleu qui faisait les cents pas .Il la héla :
_Madame Chakrouni , venez un peu par là
Cette dernière accourut et dit:
_Bonjour monsieur le directeur .Vous êtes bien matinal ce matin
Boudhab jeta un coup d'œil aléatoire autour de lui et dit :
_Est-ce que tout se déroule bien ?
_Oui monsieur le directeur et la première livraison est déjà prête pour notre client
_Comment s'appelle-t-il déjà ?
_ Monsieur Boulouiz
Et d'ajouter :
_ Pour une coïncidence s'en est vraiment une !
_Comment cela , sursauta monsieur Boudhab
_ Oh , rien ; je voudrais juste vous signaler qu'un jeune homme blond vous attend dans votre bureau
Soudain, le visage du directeur se crispa , ses mains tremblèrent et ses yeux lancèrent des étincelles de colère
_Qui vous a permis de le conduire à mon bureau ?
_Mais monsieur le directeur il nous a donné une lettre de vous dans laquelle vous lui avez fixé un rendez-vous
_En êtes-vous sûr ?
_ Bien sûr monsieur le directeur et je reconnais bien votre signature .Et puis il vient de la part de monsieur Boulouiz.
Monsieur Boudhab s'écroula sur une chaise devant lui.Aussitôt , l'une des ouvrières lui apporta un verre d'eau qu'il but en petite gorgées
Puis, il lança à la contremaitre
_S'il vous plait , parlez-moi de cet homme
La grosse femme baissa ses yeux ; puis fourra son index dans l'une de ses narines.Bientôt elle essuya le doigt dans son tablier ; puis renouvela l'opération pour l'autre narine.
Le directeur suivait l'opération sans piper mot
Aussitôt la bedaine s'exclama :
_L'homme blanc m'a dit qu'il vous apportait une mauvaise nouvelle
_Ah bon lâcha le directeur
Puis :
_Vous a -t-il dit de quoi il s'agissait ?
_ Non monsieur le directeur ; mais je crois que c'est une affaire personnelle qui concerne notre client
Monsieur Boudhab se releva de sa chaise avec peine .il marcha péniblement vers son bureau qu'il atteignit avec difficultés. A travers la vitre, il aperçut sa secrétaire toute seule ; ce qui le rassura pour un moment .Cette dernière accourut vers lui
_Bonjour monsieur le directeur, je..
Il l'interrompit vivement
_Où est monsieur Boulouiz
_ Je n'ai vu personne, monsieur , croyez-moi
_Mais madame Chakrouni m'a affirmé qu'un jeune homme blond était entrain de m'attendre dans mon bureau
_ En tout cas pas ici.D'ailleurs, je suis ici depuis huit heures trente
_Merci Nabila
Puis, il accourut vers le dépôt sans se soucier des appels de sa contremaitresse
Pas de traces du gardien.Il fit quelques pas à l'intérieur : toujours aucune trace de son employé.Soudain, il remarqua une ombre qui se faufilait derrière les cartons .Il y courut à toutes jambes pour l'attraper .Cette dernière fit basculer le contenu de l'un des cartons ; ce qui fait que monsieur Boudhab chuta et la silhouette prit de l'avance et disparut aussitôt derrière la porte sans lui donner la chance de l'identifier.
Quelques instants après, le directeur atteignit à son tour le grand portail ; mais il ne vit rien de suspect. Il s'apprêtait à rentrer quand il aperçut un jeune homme blond qui discutait avec le gardien .Les deux venaient de sortir d'une maison d'en face .Aussitôt une voiture s'arrêta à quelques pas d'eux .Le conducteur leur ouvrit la portière arrière et les deux hommes y montèrent.Heureusement pour lui, ils ne l'avaient pas vu.Monsieur Boudhab hocha longuement sa tête tout en regardant le véhicule démarrer en trombe
_ « Tiens, tiens, je ne savais pas que les anges montaient dans des voitures . »


A suivre



 

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Published by Houmidi59 - dans Sére policière
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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 22:45


Elle se retourna brusquement et ne manqua pas de crier :
_ Ah, mon Dieu


Devant elle surgit un jeune homme .Tout blanc comme il était qu'il ressemblait à un ange. D'ailleurs, tout étincelait autour de lui.

_ Qu'est-ce que tu as Malika? Tu sembles comme surprise !
Cette dernière balbutia des mots :
_ je...je..mais la servante m'a dit qu'un vieil homme demandait à me voir
_ C'est vrai !
_ Alors ?
_ C'est simple , je me suis transformé
_ Est-ce que vous vous moquez de moi ?
_ Pas du tout. D’ailleurs, les anges sont les derniers à aimer les plaisanteries.
Malika hésita quelques secondes avant de reprendre avec méfiance:
_ Vous êtes un ange ?
_Tu ne me crois pas .D'accord , je vais te le prouver.
De sa main , il montra des passants :
_Regardez ces honorables gens : ils ne peuvent me voir
Demandez-leur qui est avec vous ?
_ Mais..
_Allez, Malika ! Faites-moi confiance
Aussitôt madame Boudhab héla un groupe de passants:
_S'il vous plait connaissez-vous ce jeune homme ?
Ces derniers la regardèrent avec surprise.Puis ils chuchotèrent des mots .Cependant, Malika entendit des bribes qui ne faisaient que l'impressionner davantage.Pour l'encourager l'ange lui dit:
_ Dites-moi qu'est-ce qu’ils disent à propos de moi ?
L'épouse dévouée baissa son regard et répliqua :
ils parlent plutôt de moi .On dirait qu'ils se moquent de moi
_Qu'est-ce qui le prouve ?
_Ils pensent que je suis folle parce qu'ils me voient seule
_Ben, vous voyez !
_ Donc vous êtes un ange!
Puis :
_ S'il vous plait que voulez-vous de moi ?
_ De vous , non ; mais je suis venu pour vous parler de votre époux.
Soudain, Malika devint pale:
_J'espère que vous lui apportez de bonnes nouvelles
_Malheureusement , c'est tout à fait le contraire .
_Oh, mon Dieu! De quoi s'agit-il ?
_Je sais que c'est un peu dur pour vous , mais c'est la volonté divine qui le veut
Bon, je vais être bref : votre mari va mourir dans trois jours
Madame Boudhab blêmit et manqua de s'évanouir.Aussitôt, l'ange lui fit sentir un doux parfum et elle reprit ses esprit .
Cependant, elle eut le courage de le supplier :
_S'il vous plait , faites quelques chose.Mon mari a été toujours bon pour moi
_On le sait ; mais son heure vient d'arriver
Après quelques secondes de réflexions, elle reprit:
_Dites-moi: dois-je l'avertir ?
_C'est normal , non ? Et peut-être cela l'incitera à faire beaucoup de bien
Madame Boudhab eut soudain une idée.Aussitôt elle se mit en devoir de l'exécuter:
_Je vous prie de m'attendre juste deux minutes , le temps de prévenir mon mari
Puis, elle accourut vers l'intérieur de la villa; tandis que le visiteur s'en alla à son tour sans se retourner derrière lui .Bientôt, il disparut dans des ruelles sombres.
Pendant ce temps, monsieur Boudhab était entrain de chercher sa femme parmi les invités.Dès qu'il la vit , il la réprimanda sévèrement :
_ « Mais où étais-tu passé ? Nos invités tiennent beaucoup à te remercier avant de nous quitter
Cette dernière semblait ne rien écouter :
_Il faut que je te parle .Viens avec moi : il y a une personne étrange qui prédit une mauvaise chose sur toi
_Ah, bon ! je peux savoir de quoi il s'agit
Puis:
_ fais vite , sinon je vais mourir de curiosité
Malika cria fort :
_Non, non pas ça!
Monsieur Boudhab essaya de la calmer:
_ D'accord, d'accord, je t'accompagne
Alors, ils se ruèrent vers le portail .Dehors, il n'y avait personne.Au coin de la rue deux hommes étaient entrain de discuter entre eux .Malika les héla :
_S'il vous plait avez-vous un jeune homme habillé de blanc près de cette villa ?
L'un d'eux répondit : non madame .Nous sommes là depuis une quinzaine de minutes et on n'a vu aucune personne qui ressemble à la description de votre homme.
Elle les quitta après les avoir remercié.
Puis, elle dit à elle même : il a disparu
Son mari intervint : Qui a disparu ?
Malika dit tout haut : mais je parle de l'ange gardien !
Monsieur Boudhab ramena sa femme vers la chambre .Ensuite, il demanda à la servante d'apporter à madame un verre de lait frais.
Il s'approcha de sa femme et l'enlaça de ses bras : calme -toi et raconte-moi tout .Du début jusqu'à la fin.
L'épouse raconta tout et conclut : l'ange m'a dit que dans trois jours , tu vas quitter ce monde
Aussitôt, monsieur Boudhab se mit à rire .tout en lançant des commentaires qui prouvaient bien qu'il était loin de croire à la prédiction angélique.Il poussa même l’audace jusqu'à se mettre à trembler de tout son corps et crier : aide-moi , je sens que j'ai la chair de poule
Regarde comme je tremble .Oh, mon dieu je sens que mon heure est arrivée
Aussitôt, Malika pleura à chaudes larmes
Une fois de plus , Boudhab lui dit avec tendresse :
D'accord, je te crois
Puis , il la laissa seul .

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Je suis marocain ,de nature simple sans aucun complexe.J'aime tout le monde .Aussi, mon but est d'avoir le plus grand nombre possible d'amis
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